Les touristes à la montagne : ce fléau
Toi lecteur, il y a peu de chance que tu sois de ce bord là. Tu es très probablement ce qu’ici on appelle un *censuré* de touriste.
Bref, lecteur, ce billet est pour toi, afin que tu puisse prendre conscience du rôle infâme que tu joue dans la vie des honnêtes personnes qui comme moi, savent skier, ont déjà travaillé en station de ski et ont déjà eu à faire face à ton incompétence sportive et sociale.Par où commencer ? Je vous le demande, la tâche est vaste, les dérives immenses et les implications plutôt graves. (oui je sais, ce type de phrase pompeuse n’a réellement aucun sens, même dans le contexte).Le touriste à la montagne, en tout cas dans la majorité des cas, juge opportun de se déplacer dans nos contrées enneigées à l’aide du moyen de locomotion qu’il maîtrise le moins : sa voiture. Gros souci : la montagne, non seulement ça monte, mais en plus ça tourne !
Alors bon, non content de freiner en montée, de baliser à chaque virage, il nous emmerde déjà alors qu’il n’est pas encore sur les pistes ! “Prometteur” comme on dit dans le jargon.Vient le moment crucial de la location des skis : le touriste veut généralement “le top”. Bref tu lui colles deux planches aux pieds, du moment que la déco bariolée peinte dessus parait bonne. En réalité on peut lui refourguer n’importe quoi, vu qu’il n’y bitte rien.
Heureusement, à la montagne on a une conscience professionnelle inébranlable : le matos est quand même souvent au top ! (en tout cas dans nos stations alentours !).
Le touriste est équipé, il va maintenant se diriger vers le deuxième endroit stratégique du samedi matin : les caisses, afin d’acheter son forfait (car le touriste ne réserve que rarement son forfait de ski, à moins qu’il ne passe par un Tour Operator qui lui mâche le travail comme une maman oiseau mâche la nourriture a ses oisillons).
Et là laissez moi vous dire que c’est le drame. On a chaque fois l’impression que le touriste a été parachuté à cet endroit précis du globe, genre à son insu : il met 43 plombes à choisir le bon forfait, pose plein de questions débiles et chiantes sur le domaine skiable, est ce qu’il faut prendre cette foutue assurance “j’paye avec ma carte Gold, y’à l’assurance déjà dessus heiiiin ?”… Bref : le site internet de la station c’est pour les chiens décérébrés atteint de botulisme hurlant à la mort un soir de pleine lune ? J’crois pas, non. L’office du tourisme, pareil ?
La solution miracle : forfait plein tarif, un plan des pistes et un grand sourire lui disant “au revoir, bon séjour” pendant que ton cerveau se dit “putain bon débarra tête de nœud ! ” (mon vocabulaire a tendance à s’assagir depuis mes premiers billets ! ).

En avant les fofolles !
Le plus drôle reste quand même le touriste, à ski, sur le plat qui tente vainement de rejoindre la première remontée mécanique à portée de vue ! Un régal pour les yeux, une rude épreuve pour les nerfs !Parlons en des remontées mécaniques ! En téléski, c’est un hymne à la cruauté : à croire que le panneau “Enlevez les dragonnes de vos PUTAINS de bâtons et tenez le d’une main” n’est pas assez explicite. De même que le “si vous tombez, surtout vous LÂCHEZ la perche !” lancé vaillamment par le perchman passe immédiatement par la trappe “oubliettes”. Mon Dieu qu’avons nous fait pour mériter ça ?
En télésiège, c’est la marrade assurée : entre ceux qui se font péter le cul parce qu’ils sont incapables d’anticiper l’arrivée du siège, ceux qui se coincent les skis sous le siège et déchaussent (il faudra m’expliquer quel stratagème le touriste utilise pour en arriver là !) ou encore le même touriste, perdant son ski qui préfère dès lors sauter du siège plutôt que d’attendre patiemment que les personnes du siège d’après le lui remonte ?
Et on est qu’à l’embarquement ! Le débarquement, c’est une heure de vie gagné à chaque touriste qui passe : entre ceux qui restent collé au siège et font le tour (avec siège éjectable immédiat !), ceux qui se rentrent dedans, incapables de tenir une trajectoire rectiligne une fois sur des skis, ceux qui enlèvent le garde corps 5 pilonnes trop tôt et ceux qui ne l’enlèvent simplement pas, ça vous soulage le transit intestinal !Dans les télécabines, le plus drôle reste la peur-panique des touristes de ne pas avoir le temps de charger les skis et de monter dans la cabine à temps. L’expression sur leur visage à cet instant laisserait à penser que leur vie en dépend ! Au débarquement, pareil, ils se ruent directement sur leur paire de ski, trébuchant parfois sur les tapis en plastique.
Notre touriste étant au sommet d’une pente, il va fatalement se passer un truc : ben ouais, faut descendre quoi.
En fin observateurs, vous allez dès lors constater la variabilité quasi infini des postures que peut prendre l’être humain ! en avant, en arrière, en vrac, encore plus en vrac, en marche arrière, courbé, droit comme un “i”, les jambes écartées comme une fille de petite vertu le jour de sa fête, les bras au large… il y a tout de même une constante : tout le monde fini au tas, avec un ski au sommet de la piste et le second, déchaussé lui aussi, 250m plus bas (et pleins d’objets non identifié entre les deux : lunettes, clés, portefeuille…).
Le touriste sait aussi se conduire proprement en société, dans les files d’attente par exemple : pour quoi freiner ? Le type de devant est là pour amortir l’impact ! Et puis d’ailleurs, pourquoi faire la queue ? On peut si facilement tenter de passer devant les autres ! Sans oublier tous ces nazes habillés comme s’il allaient voir un match de foot avec leurs écharpes PSG-OM-ta-soeur…
Bon on va s’arrêter là pour l’instant, ça commence à tartiner sévère.
Ah si un dernier truc :
BORDEL DE MERDE, LES MOONBOOTS, CE N’EST PAS DU TOUT LA CLASSE !!!!

Bienvenue dans un lieu de détente, de pétage de plombs sans fin, de science, de Hard Rock, de yahourt et de figurines de Jesus faisant de la Harley Davidson !
Tain sur le départ j’ai eu mega peur « moi? née à Montgenèvre et je sais ni choisir mes skis ni acheter un forfait?? Merde je suis une putain de touriste!!!!putain ça craind, salut je vais me pendre. » Mais en fait ça va sur tout le reste je gère. (oui oui oui j’ai internet, je reserverais et me renseignerais etc…)
Non, et puis je n’aurais pas toléré que tu te suicide quand même !!